Compte rendu de l'activité du 9 mai 2012

La Société de recherche en orientation humaine (SROH) organisait le 9 mai dernier la première d'une série de conférences sur ce thème avec la intervenante auprès de la famille et de la jeunesse Micheline Létourneau, également directrice de la revue Psychologie préventive et ancienne présidente de la SROH. Les autres conférences sur ce thème sont prévues pour l'automne 2012 en Outaouais et en Estrie.Micheline Létourneau

Cette conférence s'inscrivait dans l'optique de la vision d'avenir de la SROH qui s'inspire depuis ses débuts des travaux de son fondateur, feu Moncef Guitouni, qui a apporté un éclairage particulier sur la dynamique interculturelle en différenciant l'identité humaine de l'identité culturelle. Cette distinction permet d'établir un rapport avec la personne à partir des dénominateurs communs qui nous caractérisent comme humain tout en privilégiant comme passerelle de compréhension l'intelligence émotionnelle.

Même si la dimension migratoire semble de nos jours revêtir essentiellement un impératif économique, ce discours masque en réalité plusieurs dimensions humaines et sociales qui façonnent l'avenir des familles, des jeunes et de la société d'accueil elle-même.

Dans son exposé, Micheline Létourneau a mis en évidence quelques éléments incontournables à partir de cas réels illustrant :

  • L'importance du réseau familial et l'impact de la rupture en contexte migratoire avec notamment la famille élargie.
  • La conception des rapports homme/femme, un domaine dans lequel le Québec se distingue
  • L'existence de liens filiaux et affectifs qui transcendent les aspects culturels extérieurs qui peuvent induire l'intervenant en erreur s'il se contente d'une lecture sommaire ou de premier niveau.

Dans une intervention interculturelle, il est essentiel de créer les conditions pouvant susciter une ouverture au dialogue; l'identification des différences; la reconnaissance des ressemblances; la compréhension des assises de la culture; et le rapprochement sur le plan de l'identité humaine.Luc Dupont

Les habilités à développer au niveau de l'intervenant suppose une conscience de soi; la confiance en soi; un intérêt pour découvrir l'autre; et accepter la rencontre avec la différence. S'ajoute à ces dimensions, la prise de conscience et la neutralisation des éléments d'ethnocentrisme susceptibles d'être inconsciemment présents dans notre esprit en raison notamment des stéréotypes et des amalgames qui sous-tendent les images qui sont véhiculés par les médias (anciens et nouveaux) et qui nous influencent au quotidien.

Le débat engagé autour de ces thèmes a démontré que l'arrimage entre Québécois et territoire québécois n'était pas toujours clair. Certains immigrants se retrouvant aujourd'hui au Québec ignoraient tout de l'existence du fait français sur notre territoire. La culture et les valeurs qui animent les institutions d'ici demeurent inconnues avant leur arrivée, ce qui retarde leur intégration. Inversement, les Québécois sont souvent frileux par rapport à l'étranger, par complexe ou par ignorance.

Le souhait fut exprimé à quelques reprises quant à l'importance pour les Québécois de se réapproprier de leur histoire, afin de la connaître, de la valoriser tout en s'ouvrant à l'autre pour mettre en commun leur expérience humaine pour

construire un avenir de qualité ou le vivre ensemble se conjuguerait avec le bonheur individuel et familial.

Retrouvez-nous le 10 juin 2012 à compter de 14 heures pour nos consultations publiques annuelles suivies de notre assemblée générale qui se dérouleront au centre St-Pierre à Montréal.

P. Luc Dupont, Président