Thérèse Lavoie, Sandrine Dupont

Intervention de Thérèse Lavoie à l’occasion d’un séminaire d’orientation des membres de la SROH en 2010.

À la veille de l’an 2015, notre amie et doyenne de la Société de recherche en orientation humaine (SROH), Thérèse Lavoie est décédée.  Elle se dirigeait vers ses 98 ans.

Dans certaines cultures, on dit que lorsqu’un aîné disparait, c’est un peu comme si sa communauté perdait une bibliothèque.  Dans le cas de Thérèse, ce ne sont pas uniquement des références littéraires qui s’y trouvaient mais également des références d’une riche vie traversée de différentes époques et de différents milieux.

Le départ de Thérèse était prévisible certes, mais il nous laisse sans mot.  Son absence nous privera de cet esprit forgé au Québec d’une époque où la terre, la débrouillardise et la capacité d’action constituaient les éléments moteurs de la liberté et de l’affranchissement.  Une époque où l’appartenance, la solidarité  constituaient un gage de bonheur, de sécurité et une assise de solidarité.

Cette époque et cet esprit ont façonné sa personne.  Mais ce qui la distinguait le plus, c’est l’étincelle de vie qui la caractérisait.  Cet attachement à la vie constituait un vecteur d’évolution pour apprendre, connaître et découvrir.  Malgré son âge honorable, elle était animée d’une ouverture d’esprit, d’une gentillesse et d’un goût de faire avancer le Québec.

Thérèse est devenue membre de la SROH dans les années 70 au moment de sa fondation par feu Moncef Guitouni. Les notions de respect et de responsabilité, d’unité dans l’action, de prévention et d’éducation touchaient en elle des cordes sensibles qui ont été les éléments moteurs de son engagement.  Enseignante, elle connaissait bien les défis de l’éducation.  Artiste à ses heures, elle s’adonnait à la poterie avec passion.  Hospitalière, elle accueillait volontiers collaborateurs et amis.  Engagée, elle était active au sein du Comité d’organisation des activités de la SROH.  Elle était proche de ses innombrables neveux et nièces qui lui témoignaient affection et respect.

Au cours des dernières années, Thérèse était devenue, sans le revendiquer, notre doyenne pas tant par son âge que par l’exemplarité de sa détermination, son leadership tranquille qui nous incitait au dépassement malgré les contrariétés passagères ou l’adversité conjoncturelle. En 2010, notre organisme lui avait rendu un vibrant Hommage à trois citoyennes.

Thérèse nous laisse en héritage cette étincelle de vie qui nous rappellera que l’on peut toujours faire mieux; que l’on peut évoluer; que l’on peut non seulement aspirer au bonheur mais le vivre.

Au nom de tous les membres de la SROH et des nombreuses personnes que tu as touchées par tes actions, nous te disons merci pour ton apport à notre organisation; merci pour ta joie de vivre, merci pour ton amitié indéfectible. Affectueusement,

Luc Dupont, président

Le 30 décembre 2014