Compte rendu de l’activité culturelle annuelle de la SROH

Dimanche le 23 septembre 2012

L’activité culturelle de cette année s’est déroulée à Gatineau avec une participation de jeunes, d’aînés, de parents, de grands-parents et de personnes de plusieurs horizons différents.

Dans notre société contemporaine, il est de plus en plus rare que nous prenions le temps d’être ensemble pour partager une expérience, des idées ou des connaissances. Même dans les familles, chacun coexiste avec son téléphone intelligent, son I-Pad ou son ordinateur, chacun dans sa chambre, chacun dans son univers. Les nouvelles technologies auxquelles nous sommes devenus accros nous promettent le plus court chemin pour parvenir à notre «fromage», c’est-à-dire notre satisfaction.

Entrée du parc Moussette GatineauPas étonnant que la vie en société ne consiste plus en la mise en commun d’aspirations ou de visions mais qu’elle se résume plutôt à la poursuite d’intérêts individualistes qui peuvent ou non tendre vers l’atteinte d’un but commun, en mal de définition. Pas étonnant que les transformations printanières promises ne connaissent pas l’aboutissement à l’origine souhaité par les populations. Ce genre d’interrogation que pose la SROH par son action et ses activités vise à nous aider à mieux comprendre la part de responsabilité qui relève de nous et parallèlement nous rappeler les droits que nous avons la prérogative d’exercer comme citoyen, comme parent ou comme intervenant.

Activité culturelle annuelle de la SROH - GatineauL’activité de ce beau dimanche d’automne a contribué à ouvrir des horizons, à tisser des liens entre différents citoyens en jetant un regard sur l’évolution historique d’une région et celle d’un pays.

La région de l’Outaouais fut à l’origine autochtone (Algonquins) et la rivière qui porte son nom une voie essentielle pour la traite des fourrures. Graduellement, elle est devenue une région où primait l’exploitation forestière pour subvenir aux besoins de l’Angleterre et des États-Unis. La ville de Hull qui porte aujourd’hui le nom de Gatineau fut au début du XXème siècle le chef-lieu pour la fabrication d’allumettes. Les artisans de ce travail risqué qui faisaient appel à une minutie exemplaire et à une concentration sans relâche étaient essentiellement des femmes que l’on surnommait les «allumettières». Paradoxalement, l’histoire de la ville a toujours ponctué d’épisodes dévastateurs causés par le feu.

La région a été une halte dans la vie de plusieurs grands personnages ayant marqué l’histoire du Québec comme Félix Leclerc, Marcel Chaput, Lise Bissonnette, Pauline Marois et d’autres qui se sont distingués dans le domaine artistique comme Guy Sanche (alias Bobino) ou Dan Akroyd (Ghostbuster).

A la fin des années 60, le très honorable Pierre Elliott Trudeau consacrait la région d’Ottawa-Hull comme capitale du Canada, ce qui enclencha pour la ville un processus de transformation urbaine sans précédent, l’idée étant d’associer ceux que l’on appelait alors Canadiens-français à la gestion de l’état canadien afin de forger une nation qui serait ni britannique ni française mais canadienne.

Gatineau présentationLa visite guidée au musée des civilisations a donné une occasion unique pour comprendre l’évolution historique du pays dont la trajectoire a longtemps été façonnée par la quête de ressources naturelles, que ce soit la pêche, le bois, les fourrures, l’agriculture, les mines et l’énergie.

À différents moments de l’histoire, les luttes de pouvoir pour le territoire et l’accès aux marchés ont ponctué les relations entre différents protagonistes.

Comprendre cette évolution est une tâche nécessairement inachevée tout comme le rôle que nous pouvons assumer pour préparer un avenir de qualité. Nous avons cependant la chance de vivre dans un pays où le climat incite naturellement à la collaboration pour survivre.

P. Luc DUPONT, Président