Compte rendu de la conférence de mai 2007

Le phénomène de la mondialisation permet d'établir des liens avec le monde entier et favorise la libre circulation de biens et de services autrefois inaccessibles à une majorité de populations. Elle représente l'aboutissement de réformes engagées par les générations précédentes. Sur le plan socio-économique, cette transformation a eu pour effet d'opposer les systèmes de valeurs qui se sont succédés, notamment celui en rapport avec la notion du bien commun. Cette fragmentation des valeurs, conjuguée à la remise en cause de la capacité d'intervention de l'État, a bouleversé les repères pouvant inspirer une action individuelle ou communautaire, parfois au détriment d'une perspective nationale. Les jeunes nés dans ces changements n'ont pas eu la possibilité de comparer un ensemble de systèmes.

Parmi les concepts témoignant de l'évolution fulgurante de la mondialisation, il ne faut pas perdre de vue qu'elle fut, à l'origine, élaborée pour contrôler l'appétit des travailleurs et des syndicats qui disposaient, depuis les années 1960, d'un pouvoir plus grand de négociation dans le monde occidental. Le processus de la mondialisation fut également soutenu par les promesses de croissance liée à l'adoption de réformes néolibérales.

Sans une actualisation de notre vision et une revalorisation de notre esprit d'entrepreneur qui avait jadis inspiré l'élan d'affranchissement ayant animé la révolution tranquille, notre société devra sans doute s'adapter à une diminution de la richesse individuelle. Le thème de l'environnement qui ne fait pas de distinction de race, de culture ou de religion interpelle au plus haut point la jeunesse et nous met devant des choix qui vont au-delà des aspects économiques. Actuellement, il y a des signes perceptibles qui indiquent que les jeunes s'adaptent difficilement à ce nouveau contexte environnemental. Ils ont besoin de notre appui pour se mobiliser dans un esprit de partenariat intergénérationnel.

En effet, l'incertitude créée par les changements profonds de l'économie risque d'alimenter l'anxiété chez les uns et les autres. Par exemple, on estime que dans un avenir rapproché, près de 40 millions d'emplois pourraient être déplacés des États-Unis vers d'autres régions du monde où les travailleurs acceptent des conditions moins onéreuses pour les entreprises. Nos sociétés doivent donc s'adapter à ces changements et fournir un effort continu de renouvellement sans quoi nous assisterons à une diminution graduelle de notre richesse personnelle et à une perte de certains de nos privilèges.

À partir des années 1960, le Québec a connu une évolution fulgurante. Les gens ont vu leur mode de vie s'améliorer grâce à la transformation et à la modernisation des institutions, à la valorisation de l'éducation et à la prise en main de leviers de développement économique. Les générations qui ont connu ces changements en ont profité et bénéficient encore d'un mode de vie aisée.

Aujourd'hui, face à la concurrence de la main d'oeuvre de plus en plus qualifiée des pays émergents, nous devons reconnaître que notre gourmandise a atteint ses limites et orienter nos efforts pour soutenir les jeunes que l'on accuse souvent d'enfants gâtés. Une des recommandations formulées lors de ce débat invite les personnes de toutes les générations à s'unir, dans un esprit de respect, un sens de la responsabilité et de l'éthique.

Certes, le décrochage scolaire et social ainsi que le stress devant les exigences humaines et sociales ravagent chez près de 10% des jeunes québécois. Cependant, des exemples de mobilisation sont porteurs d'espoir, entre autres, les efforts de commercialisation des produits dits équitables initiés par des jeunes.

Plusieurs jeunes présents à l'événement ont témoigné de leur préoccupation et de leurs questionnements. Face au constat de la suppression graduelle de la classe moyenne, quelques-uns concluent avec un certain cynisme, qu'il est préférable d'être «du bon côté de la clôture». Pour faire face aux défis de la mondialisation, des aptitudes sont à développer : l'ouverture aux autres cultures et la capacité de s'exprimer dans plusieurs langues. Enfin, les institutions d'enseignement sont invitées à prévoir, dans leur programme, une formation axée sur la connaissance des grands enjeux mondiaux.

Voilà quelques-uns des constats ressortis lors de cette conférence qui s'est déroulée devant plus de 100 personnes à Montréal, à l'Hôtel Reine Élizabeth. Les conférenciers présents ont tenu un discours optimiste quant à la capacité des jeunes à relever les défis de la mondialisation.
 
Luc Dupont, Président

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