Compte rendu du débat tenu le 24 février 2010

P. Millot, P. De Serres, P. Leduc, K. Kuerten, P. L. Dupont

Conférenciers(de gauche à droite):
Pascale Millot, Rédactrice en chef adjointe, Revue Québec Science
Pierre De Serres, Ingénieur en aéronautique
Paul Leduc, animateur
Kerstin Kuyken, Présidente, AéPhDA ESG UQAM
P. Luc Dupont, Président, SROH

Problématique:

Les fruits de la science font partie intégrante de notre vie quotidienne. Pour plusieurs, le processus de découverte scientifique a aidé l’humanité à surmonter les défis liés à la survie en augmentant de manière constante l’espérance de vie tout en contribuant à l’émergence d’une qualité de vie. En contrepartie, l’histoire nous a démontré comment les avancées scientifiques pouvaient être récupérées ou même canalisées pour assouvir la soif de pouvoir de certains. Que l’on pense aux grands esprits militaires, ou à l’usage de la fission nucléaire à des fins stratégiques ou aux ravages causés à l’environnement par l’appât du gain.

Débat:La science fait-elle de nous de meilleurs citoyens?

Deux éléments de fond se sont dégagés de ce débat public :

1) L’importance de revaloriser au sein de la population la démarche scientifique pour mieux comprendre la réalité qui nous entoure et ainsi faciliter notre lecture des enjeux et notre capacité d’action comme citoyen.

2) Réduire le fossé entre ceux qui ‘connaissent’ la science et la technologie et ceux qui la ‘consomment’ pour favoriser chez le citoyen une capacité de discernement. Autrement, la science et les choix de société qu’ils supposent se feront sans notre concours.

Dans notre société contemporaine, nous dépendons à différents degrés de la spécialisation scientifique et nous devons, dans une certaine mesure, nous en remettre aux savoirs scientifiques pour vivre et fonctionner socialement.

Par exemple, quand nous prenons l’avion, nous acceptons de faire confiance à ceux qui l’ont conçu. Les savoirs de ceux qui la pilotent, ceux qui l’entretiennent et ceux qui gèrent le trafic aérien sont d’une extrême importance. Cette confiance est appuyée par des méthodologies de travail et des normes professionnelles qui doivent être respectées.

Cependant, à partir du moment où la science est tentée de servir des intérêts politiques, commerciaux ou financiers qui favorisent l’enrichissement individuel de quelques personnes, scientifiques, financiers ou autres, un doute collectif s’installe et le lien de confiance entre le public et la communauté scientifique est remis en cause. Dans ce cas, il peut devenir difficile pour le citoyen de faire la part des choses entre l’objectivité et la subjectivité des actions proposées comme le démontre la question des gaz à effets de serre ou celle plus récente de la vaccination contre le virus H1N1.

Comme les dérives des systèmes financiers mondiaux le montrLa science fait-elle de nous de meilleurs citoyens?ent, l’incapacité des individus à comprendre les produits ou les actions des acteurs de ce secteur a eu pour effet de donner carte blanche aux magiciens des mathématiques financières pour structurer des opérations les ayant enrichis personnellement tout en hypothéquant l’avenir de plusieurs nations. Le domaine des sciences et de la technologie serait-il à l’abri de ces tentations?

Conclusion

Si nous avons toujours la prétention d’avoir un statut de citoyen, nous devons :
- Valoriser le processus d’apprentissage scientifique.
- Revaloriser la connaissance et la compétence comme sources d’influence et de pouvoir dans notre société.
- Développer une rigueur nous permettant de reconnatître le superficiel et le démagogique pour nous prémunir contre notre propre complaisance et des dérives éventuelles pouvant découler de notre désengagement.

Le texte intégral des interventions des conférenciers paraîtra dans le prochain numéro de Psychologie préventive. Entre temps, n’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires / réactions par courriel :Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Oxfam QuébecTel qu'annoncé à la conférence, la SROH a envoyé les recettes de cette activité, soit un montant de 175 $, à Oxfam Québec en guise de solidarité envers les sinistrés d'Haïti.

On peut aussi télécharger ce compte rendu: La science fait-elle de nous de meilleurs citoyens?.

N’hésitez pas à nous communiquer vos commentaires à Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..